La place du marché au centre d’Ascq, en face de l’église Saint-Pierre, n’a pas toujours été une place.
Elle se situe sur l’une des plus anciennes propriétés d’Ascq, plus exactement à l’emplacement d’une maison à étages (rare à l’époque) baptisée du nom de château (Pajot puis Dubois). Ce bel édifice datait d’avant la révolution. Derrière, s’étendait un immense parc d’1 hectare 41 ares 87, qui aujourd’hui constitue le lotissement Rossignol.
Il est possible qu’avant la révolution cette maison ait servi de presbytère ou de maison de religieux. La proximité de l’église et l’exiguïté des chambres ou cellules le donnent à penser.

Cette maison qui était faite de briques peintes en blanc atteste d’une ancienneté plus importante que celle du presbytère actuel.
A l’origine la maison se composait d’un bâtiment central et par la suite deux ailes furent construites aux extrémités.

Les premiers propriétaires connus sont : les trois demoiselles Taverne, sœurs du propriétaire du château de Chéreng.
En 1813, la propriété est vendue à Albert Dehenne, demeurant à Poperinge (Pays-Bas à l’époque).
En 1919, Louis Fauvel de Riquenne, président du tribunal de Lille l’acquiert.
Lucien Pille, premier clerc de Maître Reflet, notaire à Ascq, se marie avec Mlle Fauvel et devient le nouveau propriétaire. Il sera maire d’Ascq de 1840 à 1856.
En 1960, Charles et Joseph Corman, brasseurs à Fives en deviennent propriétaires.
Joseph Corman décède en 1863.
Un corbillard, traîné par 4 chevaux blancs, emmènera le corps du dernier frère à Fives.
Maître Isidore Pajot, notaire à Lille, puis sénateur, rachète le château. C’est lui qui ajoutera les deux ailes en 1868. Longtemps, on appela le château Pajot, et la ruelle du Rossignol la ruelle Pajot.
En 1898, Paul Dubois acquiert la propriété qui restera dans la famille jusqu’en 1951 mais restera inhabitée à partir de 1939. La maison servira alors de logement à des familles nécessiteuses ou à des réfugiés de Fives dont les maisons avaient été détruites par les bombardements de 1944.

La municipalité, alors présidée par Henri Dumortier, fut bien inspirée d’acquérir ce domaine en 1951 pour conserver à la commune ce bouquet de verdure au centre du village. Le château fut démoli en 1960 (sans doute à cause des trop lourdes dépenses nécessaires à sa restauration).

Le parc laissera place à un HLM ; aucune construction ne se fera sur l’emplacement du château qui deviendra parking et place du marché.
Sources des documents photos et textes : « Petite histoire d’Ascq » de l’abbé P. Delebart / « Ascq autrefois et aujourd’hui » de la SHVA, Société Historique de Villeneuve d’Ascq et du Mélantois.