Le lieu, tenu par Jean-Louis Gouwy, fut d’abord installé en 1992, au 131 rue Gaston Baratte (ancienne boucherie Kowalski), à l’endroit où vivent aujourd’hui les créateurs de la Gazette, ce qui me permet un vibrant hommage à Sylvie Soyeux qui a su ouvrir ses pages à de nombreux Ascquois concernés par un vrai besoin d’informations.

« Ascq, Autrefois et aujourd’hui »,
Société historique de Villeneuve d’Ascq et du Mélantois (2015) – p.160
En 2004, la ville de Villeneuve d’Ascq annonce des travaux dans cette rue centrale d’Ascq. En conséquence de quoi 50% des places de stationnement seront supprimées. Jean-Louis Gouwy déménage ses locaux de l’autre côté de la voie ferrée, boulevard du Comte de Montalembert.

Il dit avoir quitté cet ancien quartier « l’âme en peine ». En effet, il s’éloigne de tous ses amis d’alors : Les Leroy qui tenaient la boutique de fruits et légumes, Les Bettencourt, fleuristes aux compositions artistiques phénoménales, les Delqueux et les parfums de cette ineffable droguerie, l’opticien Baerens. C’était une fameuse bande de joyeux drilles ! Et tous les jeudis soir, ils prenaient des « cours de modern Rock » au Macumba !
L’animation du quartier d’Ascq lors des fêtes et événements leur incombait alors : « On créait les décorations nous-mêmes. On peignait. On terminait nos œuvres au milieu de la nuit, laquelle s’achevait parfois sur des batailles de peinture ! » Jean-Louis Gouwy se souvient d’avoir organisé la Fête des voisins en calèche avec Jean-Paul Leroy qui y attelait ses chevaux.
En 2012, le boucher, spécialiste des galettes festives, crée un deuxième magasin à Marcq-en-Barœul et se trouve à la tête de 21 salariés ! Le travail du boucher-charcutier devient celui d’un administrateur, chargé des Ressources humaines ! Il fermera ce lieu et reviendra à ses vraies amours avec « ses » clients Ascquois et Ascquoises dont il connaît la personnalité et les moindres désirs. On se remémore ensemble, alternativement et en désordre, des personnalités marquantes : Francine Masselis, Berthe Legrand, mesdames Duthoit et Mouthier, madame Manche, laquelle avait miraculeusement échappé au massacre d’Ascq. Les soldats allemands sont entrés chez elle pour enlever les hommes qui s’étaient cachés et les soldats ne les ont pas trouvés.
Jean-Louis Gouwy évoque alors les passages secrets sous l’ancien lieu de l’Entre Mets, des couloirs qui reliaient toutes les caves entre elles. Il existait même une porte qui permettait de rejoindre la boutique de cassettes et films de Saïdi. Il raconte l’histoire de ce pommier que personne n’avait le droit d’abattre car un homme s’y était réfugié pour échapper à la rafle des allemands…
Nous nous séparons sur des évocations plus riantes : les verts paysages des Mussillons à Saint-Laurent en Grand Vaux, dans le Jura où lors de vacances en camping s’arrête ce créateur de produits. Il trouve « la meilleure fruitière » et amène le fromage de là-bas sur ses étals (Comté, Morbier, aux parfums qui fleurent bon les fleurs de montagne). Etrangeté de la vie : ce lieu nous ramène encore à la guerre et à la nécessité pour les enfants orphelins de partir en colonie, auprès de sœur Paul… (voir gazette précédente : Histoire(s) vraie(s) : Hommage à Sœur Paul (1931/2011)).
Je voudrais vous laisser sur une image festive car c’est bien de cette belle énergie joyeuse dont nous nous sommes entretenus. A l’Entre Mets, les événements restent encore et toujours marqués par des objets dont la décoration importe autant que le contenu : des cœurs feuilletés pour les yeux de votre amoureux à la Saint-Valentin, des cloches à la panse emplie de fragrances (ris-de-veau aux poireaux) pour Pâques (voir L’Entre Mets | Boucher – Traiteur | Villeneuve-d’Ascq).
Bon appétit messieurs, mesdames !
Et si par hasard l’un ou l’une d’entre vous retrouvait dans ses archives une photo de l’ancienne boucherie Kowalski (ici parmi les commerçants du village mentionnés dans le journal « Le cri d’Ascq ») , écrivez nous à ascqinlove@gmail.com.

Merci par avance !