Dans l’idée de faire connaissance avec ceux qui vivent dans notre quartier, Ascq in Love vous propose d’aller à la rencontre des divers foyers ou structures Ascquoises, par le biais de petites interviews et photos…
Pour commencer, ce mois ci, petite visite au « Clos du chemin vert » (56 rue Renoir).
J’y ai été chaleureusement reçue par 3 résidentes : Suzy, Pauline, Charlotte, et Sovana, une de leurs éducatrices…
Une coquette rangée de quatre maisons m’ouvre ses portes. Le long d’un grand jardin collectif, trois maisons abritent chacune quatre colocataires. La quatrième maison intègre le bureau des éducateurs, et trois chambres d’accueil temporaire.

Le clos du chemin vert est géré par les Papillons blancs de Lille. Le chef de service du foyer est Maurizio Sini, et le directeur de l’habitat, Florian Lacroix.
Ce lieu est une résidence d’hébergement ou foyer logement : il accueille une quinzaine de jeunes en situation de déficience mentale modérée et son objectif y est l’apprentissage à l’autonomie. C’est une période tremplin entre la vie en famille et une vie plus indépendante.
Les résidents, d’au moins 18 ans et sans limite d’âge, signent un contrat de 2 ans, renouvelable (les habitants actuels ont entre 18 et 39 ans).
Pour y être admis, il faut avoir une activité de jour : travail en ESAT ou milieu ordinaire, formation ou reprise d’études. Il faut si possible avoir un « projet d’autonomie », qui peut être de faire des stages dans une autre structure ou une intégration à la vie ordinaire. Si les résidents n’ont pas de projet précis, les éducateurs sont là pour les aider à en construire un.
Une équipe de six éducateurs se relaie pour qu’il y ait une présence tous les après-midi jusqu’à 21h. Une personne veille la nuit et assure la permanence jusqu’au lendemain.
Comment se passe la vie au clos ?

Pour Suzy : « On apprend à gérer notre budget, à faire la vaisselle, le ménage, à prendre des initiatives. On apprend aussi à s’occuper. On doit aussi faire attention à ne pas déranger les éducateurs quand on peut agir par nous-mêmes, et surtout pas juste au moment où nos éducateurs vont repartir ! Ça… ils n’aiment pas ! » et « Le weekend, on rentre en famille, mais parfois on n’a pas de famille, mais on a des personnes qui nous soutiennent . » « Les situations sont très variées », ajoute Sovana.
Pauline nous explique qu’elles font chacune leurs courses et la préparation de leur propre repas. Ensuite elles mangent ensemble. Mais il n’y a pas que la vie quotidienne : « On prépare aussi des moments comme la fête des voisins, ou la fête des dix ans du clos. On aime bien parce qu’on peut inviter des voisins et nos familles. Pour les dix ans, il y a bien eu 100 personnes qui sont passées au Clos tout au long de la journée. On avait choisi comme thème l’Espagne avec une bonne paëlla. »
Charlotte précise : « On avait essayé de faire les courses et les repas en commun, mais c’était très compliqué de gérer nos préférences et nos budgets, donc on a arrêté ». Pour les activités extérieures, nous sommes en lien avec la grainothèque ou des associations comme « All around the planet ». Celle-ci propose des ateliers nature avec des étudiants de Lille 3, sous forme d’auberge espagnole, et on peut choisir des sujets à travailler avec eux. Par exemple on a planté des arbres. Lors de la fête d’Ascq In Love, on a pris du temps pour décorer notre géante que nous avions appelée Coco Valou.

Sovana, l’éducatrice du jour, rappelle la richesse que cela représente pour les jeunes de pouvoir se confier aux éducateurs. Leur rôle n’est pas de « faire à la place de »… mais de les aider à devenir autonomes. Un exemple : il n’y a pas d’infirmier(ère) car ils doivent apprendre à évaluer si un problème de santé est urgent ou non, temporiser, apprendre à appeler le médecin, trouver des solutions. En vie quotidienne, c’est l’apprentissage de la colocation. Malgré tout, ils devront aussi à un moment faire l’apprentissage de la solitude s’ils visent l’autonomie en appartement, ce qu’ils ne peuvent pas faire au foyer.
C’était un vrai plaisir d’échanger sur la vie au chemin vert. Suzy, Pauline et Charlotte insistent sur le fait qu’elles sont très heureuses d’y être hébergées et elles seraient d’accord pour réfléchir à des articles sur des événements du Clos. Ça c’est une bonne nouvelle… Ascq’il parait !